Rusmin : colorée, pop et cool mais surtout upcyclée

Crédit : Gil Anselmi

Une mode éco-responsable sexy, rock’n’roll et fun. Voilà le portrait sans retouche de cette marque que la pétillante Rubi Pigeon a lancé avec sa sœur Yasmin il y a maintenant un an. Rencontre avec cette créatrice à la personnalité et à l’engagement éthique bien singuliers.

Les yeux rieurs penchés sur son Expresso noir et le carré auburn légèrement décoiffé, Rubi savoure le moment. C’est sur les portants d’un concept-store du premier arrondissement de Paris que la jeune créatrice a pu présenter sa nouvelle collection de vêtements upcyclés. A peine nos regards se croisent qu’elle s’empresse de me dire : « Attends cinq petites minutes, je vais voir avec le serveur si je peux recharger mon portable. Je ne voudrais pas être en retard au boulot. » Car Rubi, c’est ça. Une vie connectée à cent à l’heure. Et ceci, depuis sa plus tendre enfance.

Née d’une maman brésilienne et d’un papa français, Rubi et sa sœur jumelle Yasmin ont grandi dans le monde de la nuit et de la fête. Si elle passe une grande partie de son enfance à Paris dans le onzième arrondissement en apprenant le portugais et le français, la jeune femme a tout de suite pris le rythme des déménagements incessants. « J’ai déménagé à Londres une première fois quand j’avais huit ans, puis je suis retournée à Paris pour faire ma rentrée au collège dans le Marais, avant de retourner en Angleterre où j’ai passé mon bac en Textile Art et Business. » Dans cette capitale authentique où le style néo-bourgeois cohabite en parfaite harmonie avec les punks et les plus grungys à Dr. Martens, Rubi a très vite eu le goût pour la mode. Mais surtout pour la seconde main.

De mère en fille

« Il y a toujours une daronne dans l’histoire », s’amuse-t-elle à raconter. Telle une muse, par son style atypique qui n’appartient qu’à elle, la mère de Rubi l’a toujours fascinée par sa façon de s’habiller et sa faculté à dénicher des petites pépites vestimentaires. « Ma mère a toujours eu un style atypique qui m’a amené à avoir une ouverture d’esprit sur la mode, explique-t-elle. Elle réussissait à chiner des vêtements incroyables dans les friperies et m’a très vite emmenée avec elle. C’est de là que vient mon goût pour la mode, pour l’esthétisme, pour le style et surtout pour le beau. » À seulement 15 ans, Rubi ouvre son compte sur Depok, une application pour vendre des vêtements de seconde main et autres choses upcyclées. L’occasion pour elle de diffuser très rapidement ses look-books et ses premières créations.

Imaginez donc une adolescente, droite devant sa garde-robe débordante de fringues, avec des ciseaux à la main. L’âme créative et emportée par une envie irrésistible de nouveautés, Rubi s’improvise styliste. « J’ai toujours touché aux vêtements, explique-t-elle. Déjà toute petite, j’adorais couper mes fringes. Je trouvais ça tellement libérateur de pouvoir en faire autre chose. » C’est ainsi que sans s’en rendre compte, elle découvrait l’upcycling.

Une tendance qui a suivi la dynamique créatrice tout au long de ses études. Après une année de prépa, Rubi pose de nouveau ses bagages à Paname pour rejoindre « La Casa 93 » à Saint-Ouen. Une école engagée où elle a pu découvrir l’upcycling sous toutes ses coutures et monter un défilé avec toute sa promotion. Un défi relevé haut la main qui a poussé la jeune femme à lancer sa propre marque.

Crédit : Gil Anselmi

Rendre « sexy » l’upcycling


Ce n’est pas tant les paillettes, les dernières tendances, ni même les fashion weeks qui intéressent Rubi dans la mode. C’est surtout le vêtement, son histoire et la façon dont les gens vont le porter. Le label « Rusmin », né de la fusion entre son prénom et celui de sa sœur jumelle, se veut avant tout humain, coloré, graffy mais surtout proche des autres. Chacun des vêtements de la marque devient un moyen d’exprimer sa personnalité mais aussi sa façon de concevoir et de porter la mode.

Créative, fun et audacieuse, Rubi ne passe pas un instant sans qu’un projet ou idée ne vienne lui traverser l’esprit. Son objectif : mettre fin à une mode écoresponsable monotone. « On se fait un peu chier en fait. La mode éthique n’est pas assez sexy ni rock’n’roll. On n’achète pas un pantalon parce qu’il est écoresponsable mais parce qu’il nous fait un beau boule, affirme-t-elle avec une joie provocante. On ne va pas se mentir, aujourd’hui, on veut une marque fun et colorée. » Et pour se rendre compte de l’univers de l’audacieuse Rubi, il suffit de regarder les trente pièces uniques de sa deuxième collection acidulée où les vêtements vintage à l’intemporel et très nineties tie-and-dye pose leur encre sur toutes les créations.

La café un tantinet froid terminé et le portable rechargé, vite, le temps presse. Rubi retourne travailler car oui, la créativité n’attend pas.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.