A vos aiguilles, prêt ? Upcyclez !

Limiter le gaspillage vestimentaire ou avoir des vêtements plus originaux, les consommateurs se mettent à la couture. L’occasion d’offrir une nouvelle jeunesse mais surtout une nouvelle utilité à une pièce mode usagée mais toujours aussi tendance.

Et si cette vieille chemise en jean, jaunie au niveau du col, se transformait en une toute nouvelle mini-jupe pour cet été ? Plus facile à dire qu’à faire quand nous n’avons aucune base en couture. Pour ma part, utiliser une machine à coudre ou bien réaliser un ourlet  n’était pas vraiment dans mes cordes. Malgré ces quelques lacunes en couture, j’ai pris le pari de pousser les portes de « La Textilerie », dans le 10ème arrondissement de Paris, où se mêlent création, friperie et boutique de matières textiles en coton biologique. Le défi pour moi est de participer à mon premier atelier d’upcycling.

Mais que se cache-t-il derrière ce terme ? Connue aussi sous le nom de « surcyclage » cette pratique ne suit qu’un seul leitmotiv : « rien ne se jette, tout se transforme » comme l’explique Elsa, la co-fondatrice de ce lieu innovant et éco-responsable. « L’upcycling, c’est utiliser de la matière déjà existante pour créer un nouveau produit qui est à la fois chouette pour ses valeurs créatives, artistiques mais aussi marchandes. » Depuis maintenant un an, « La Textilerie » propose régulièrement des ateliers de couture permettant aux plus curieux ou aux personnes à la conscience écologique bien éveillée, d’en apprendre les bases. L’objectif : se créer par la suite de nouveaux vêtements uniques en leur genre.

Cette mise au point faite, je me dirige vers l’atelier pour apprendre à dompter la bête, soit la fameuse machine à coudre. Au programme de ces 2h30 : déstructurer une chemise usagée pour en faire une toute nouvelle pièce mode.

Point par point

Les machines à coudre sont alignées les unes à côté des autres. Les chemises, un brin vintage, forment une montagne colorée. Parmi ce large choix, j’opte pour une vieille chemise en jean. Je suis méticuleusement toutes les indications données par Clémence, tailleuse-couturière et intervenante. D’abord, je découpe la chemise au niveau des aisselles pour pouvoir avoir la base de ma jupe puis découds les poches. Je me dirige ensuite vers la machine à coudre, installe la bobine et respecte tout le schéma pour pouvoir enfiler le fil dans le chas de l’aiguille. Une fois toutes ces étapes réalisées, il ne me reste plus qu’à lancer la machine et commencer à coudre.

« Lorsqu’on utilise une machine à coudre, on ne regarde pas l’aiguille. C’est l’erreur fatale, explique Clémence. Si on veut une ligne bien droite, il faut que le tissu soit bien aligné à son repère. Dernière petite chose, on évite de tirer sur le tissu lorsque l’on utilise la machine. Pour avoir de beaux points, il faut placer une main devant et la seconde sur le côté.». Une fois cette recommandation faite, il ne me reste plus qu’à me mettre à l’ouvrage.

L’ourlet réalisé, l’élastique passé au niveau de la taille, les points de finition achevés, ma mini-jupe est terminée. Malgré quelques appréhensions au début de l’atelier, je me suis rendue compte qu’utiliser une machine à coudre pouvait être un jeu d’enfant.

Cousu main

Chaque année, près de 4 millions de tonnes de textiles, neufs ou usagés, sont jetés en Europe. Face à un tel gaspillage vestimentaire, une volonté de trouver une alternative à la fast fashion semble émerger. Plus soucieux des méthodes de fabrications, des conséquences humaines et environnementales, les consommateurs souhaitent plus de transparence sur les vêtements. Dès lors, un véritable engouement pour le faire soi-même ne cesse de grandir.

« Aujourd’hui, des gens de tout âge et de tout sexe veulent revenir aux bases et apprendre à coudre. Ils se posent beaucoup de questions sur les matériaux utilisés et souhaitent revaloriser l’image du fait mains, remarque Clémence. A l’époque, reprendre ses vêtements était affamant mais à l’heure actuelle c’est devenue une véritable tendance ! ».

Plus qu’une solution contre le gaspillage, ces ateliers d’upcycling sont aussi le moyen de mettre en œuvre toute sa créativité et de se confectionner des pièces à part entière. « Les gens veulent des vêtements qui leur ressemblent, explique Elsa. Avec l’industrie de la mode, le prêt-à-porter est standardisé. Or, grâce à la couture, les personnes explorent leur créativité pour avoir des pièces uniques. » Une alternative pour mettre l’industrie de la mode à plates coutures.

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